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Prévalence

Extrait de «Le point de vue médical sur l’hypersensibilité environnementale»

par Margaret E. Sears (M.Ing., Ph.D.) Mai 2007

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Les critères diagnostiques sont utilisés par les médecins pour identifier un problème de santé chez un patient et par les chercheurs pour déterminer la proportion de la population souffrant de l’affection à un degré suffisamment grave pour avoir besoin de soins médicaux. Certaines personnes sensibles à l’environnement sont moins gravement touchées et ne demandent parfois pas de soins. Les études auprès de ces personnes se font habituellement par des questions plus générales sur leur réaction aux parfums ou à d’autres produits chimiques d’utilisation courante.En janvier 2007, Statistique Canada a révélé que 5 % des Canadiennes et des Canadiens (1,2 million de personnes) sont atteints de « symptômes physiques médicalement inexpliqués », y compris d’hypersensibilité chimique multiple, de fibromyalgie et de douleurs chroniques.(9)Selon l’Enquête nationale sur la santé de la population menée par Statistique Canada en 2003 (N=135 573) b, la prévalence de l’hypersensibilité chimique multiple diagnostiquée par un médecin était de 2,4 % chez les personnes de 12 ans et plus (9), et de 2,9 % chez les personnes de 30 ans et plus (10). L’Enquête nationale sur le travail et la santé du personnel infirmier de 2005 a révélé que 3,6 % des infirmiers et infirmières au Canada souffraient d’hypersensibilité aux produits chimiques (N=18 676)11. Dans la population américaine générale, la prévalence de l’hypersensibilité chimique multiple diagnostiquée par un médecin varie entre 3,1 % à Atlanta, en Georgie (N=1 582)12, et 6,3 % selon une enquête à grande échelle menée en Californie (N=4046)13.Le nombre de personnes atteintes d’hypersensibilités moins grave serait encore plus important. Dans une enquête nationale menée aux États-Unis, 11 % des 1 057 participants ont dit souffrir d’une sensibilité accrue (ont déclaré se sentir malades) aux produits chimiques d’usage courant, une proportion atteignant 16 % en Californie (13), et 33 % dans les régions rurales de la Caroline du Nord (15). On n’est pas certain dans quelle mesure les personnes aux prises avec des intolérances bénignes courent un risque accru d’acquérir de véritables hypersensibilités environnementales débilitantes. Toutefois, des études récentes ont révélé des liens génétiques avec les hypersensibilités (16-22), ainsi que des différences biochimiques entre les personnes sensibles et les populations « témoins » (23). En outre, une expérience clinique indique que la hausse de l’exposition aux produits chimiques est associée à une hausse des symptômes et a pour effet d’agrandir le champs d’irritants des hypersensibilités (3,24).Les hypersensibilités environnementales touchent davantage les femmes que les hommes. Les femmes étaient près de deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir du « syndrome des bâtiments malsains » dans une étude allemande (25), et environ 60 à 80 % des personnes chez qui l’on diagnostique des hypersensibilités environnementales dans diverses enquêtes sont des femmes (5,12,26-30).

Selon des enquêtes (12,29,30), les hypersensibilités environnementales touchent tous les groupes socio-économiques. Une analyse menée récemment au Canada indique que les personnes faisant partie des groupes socio-économiques les moins favorisés sont plus susceptibles de signaler des symptômes médicalement inexpliqués que les personnes des groupes socio-économiques les plus favorisés (9). En revanche, les enquêtes menées en clinique ou par des groupes de citoyens indiquent que les personnes souffrant d’hypersensibilités, qui sont très instruites ou fortunées, ont davantage tendance à demander des soins médicaux ou à se procurer une «auto-assistance» (5,27,28).

N’importe qui peut souffrir d’hypersensibilités, même à un âge précoce (31,32). Chez les enfants, les problèmes respiratoires, d’apprentissage et de comportement peuvent être associés à des toxines provenant de la mère, ainsi qu’à une multitude de facteurs, y compris l’exposition à des pesticides, la qualité de l’air intérieur et les aliments (13,33-39). Des études ont révélé que la prévalence de l’hypersensibilité environnementale s’accroît avec l’âge. Au Canada, par exemple, la prévalence des symptômes physiques médicalement inexpliqués (fatigue chronique, fibromyalgie et hypersensibilités chimiques multiples) est de 1,6 % chez les personnes de 12 à 24 ans, et de 6,9 % chez les personnes de 45 à 64 ans (9). Dans une enquête de Statistique Canada auprès du personnel infirmier canadien, 1,4 % du personnel infirmier de moins de 35 ans signale une hypersensibilité aux produits chimiques, une proportion qui passe à 3,7 % chez les personnes de 35 à 44 ans, et à 4,3 % et à 4,8 %, respectivement, dans les groupes d’âge supérieurs (11). De la même manière, dans des études menées en Arizona, 15 % des étudiants et 37 % des participants plus âgés ont dit souffrir d’une sensibilité accrue aux produits chimiques (30,40). L’augmentation de la prévalence des hypersensibilités avec l’âge est une question digne d’intérêt si l’on songe au vieillissement de la population active et aux soins offerts aux personnes âgées.

Contrairement aux parfums et aux moisissures, les champs électromagnétiques passent habituellement inaperçus. Aussi l’hypersensibilité aux phénomènes électromagnétiques, en dépit de sa plausibilité, est peu reconnue (41). On estime que 1 à 3 % de la population de divers pays souffrirait de sensibilité aux phénomènes électromagnétiques (42).

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