Syndrome d’hypersensibilité chimique multiple (MCS): Mécanismes toxicologiques et d’hypersensibilité
par Martin L. Pall
Résumé:
Sept catégories d'agents chimiques sont connues pour déclencher des cas d’hypersensibilité chimique multiple (MCS). Chacun de ces sept agents agit d’une façon spécifique qui engendre indirectement une augmentation de l'activité NMDA dans le corps des mammifères . Les réponses toxiques déclenchées par les éléments de chacune de ces sept catégories d’agents chimiques sont atténuées par l’action des antagonistes NMDA, ce qui montre que la réaction des récepteurs NMDA est importante dans l’action toxique de ces produits chimiques. Le rôle de ces agents chimiques à l’action toxique dans le déclenchement des cas de MCS a été confirmé par des éléments génétiques probants. Ceux-ci montrent que six gènes qui ont une incidence dans le processus de métabolisation de ces agents chimiques influencent tous également la susceptibilité d’un individu à développer le MCS. Il est très probable que les agents chimiques agissent de la même façon, conduisant à une augmentation de l'activité NMDA lorsqu'ils déclenchent des réactions d’hypersensibilité chez les patients atteints du MCS.
On pense que la nature chronique du MCS ainsi que d’autres maladies multisystémiques apparentées, provient d’un cercle vicieux biochimique, le cycle NO/ONOO-. Ce cercle vicieux est initialisé par plusieurs facteurs de stress qui augmentent la quantité d’oxyde nitrique et de peroxynitrite (certains, mais pas tous, agissant par le biais de la stimulation NMDA). Le cycle NO/ONOO- est basé sur des mécanismes individuels bien documentés. L'interaction de ce cycle avec les mécanismes du MCS ayant déjà fait l'objet d'étude (notamment la sensibilisation nerveuse et l'inflammation neurogène) explique nombre des propriétés propres au MCS qui étaient restées jusqu'ici sans explication. La thèse en faveur de ce mécanisme général est également soutenue par des aspects physiologiques semblables que l'on retrouve aussi bien dans le MCS que dans les maladies myltisystémiques apparentées, à savoir : par des réponses objectivement mesurables à des expositions chimiques de faible intensité chez les patients MCS, par de nombreuses études faites sur des modèles animaux du MCS ainsi que par des données probantes émanant d'essais thérapeutiques effectués sur des patients MCS ou souffrant de maladies apparentées. Il a été dit que le MCS était une maladie d’origine psychique mais ce point de vue va totalement à l'encontre de toutes les données que nous possédons sur le MCS et sur les maladies du même groupe. Les publications qui prétendent que le MCS a une origine psychique sont foncièrement erronnées.
De plus, deux des rares éléments qui pourraient être utilisés pour démontrer l’origine psychique de la maladie nous amènent en fait tous deux à rejeter cette hypothèse. Bien que l’importance du cycle NO/ONOO- dans le MCS soit corroborée par de nombreuses observations, il existe encore un certain nombre de domaines nécessitant une étude plus approfondie.
Mots clef : peroxynitrite, stress oxydatif, exitotoxicité (excès de stimulation), dysfonctionnement mitochondrial, potentialisation à long terme (PLT), syndrome de fatigue chronique (SFC)/ encéphalomyélite myalgique (EM), fibromyalgie (FM).
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Publication de Martin L Pall dans la revue “General and Applied Toxicology - 3rd Edition”
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